Les Psaumes, c'est bien plus que de la poésie. C'est aussi de la louange, de la prière, du réconfort, de l'encouragement, de l'espérance, de l'imprécation, de la prophétie sur Jésus, des promesses de protection, de direction, de guérison qui ont touché les générations depuis 3000 ans. David a écrit la plupart des Psaumes mais il n'est pas le seul à y avoir contribué, comme vous le remarquerez en prenant attention aux entêtes de certains psaumes : Moïse, Salomon, Ethan, Héman, Asaph et les fils de Koré sont aussi des contributeurs.
L'évêque de Constantinople, Jean Chrysostome (349-407 ap. J.C.) commente ainsi les psaumes.
Chaque verset des psaumes suffit à lui seul pour nous élever à une sagesse éminente, réformer nos idées, et nous procurer les plus grands avantages, et si nous méditons attentivement chacune des paroles qui les composent, nous en recueillerons les fruits les plus abondants.
Il explique pourquoi Dieu a voulu que les psaumes soient chantés pour servir d'encouragement lors des épreuves (comme Paul et Silas en prison) et comme aide à la mémorisation pour ceux que la lecture rebute.
Il est nécessaire d'expliquer tout d'abord l'usage des psaumes, et pourquoi nous les récitons sous forme de chants. Voici la raison pour laquelle la récitation des psaumes est accompagnée de chants: Dieu, voyant l'indifférence d'un grand nombre d'hommes qui n'ont aucun goût pour la lecture des choses spirituelles, et ne peuvent supporter le travail sérieux d'esprit qu'elles demandent, a voulu leur rendre ce travail plus agréable, et leur ôter même le sentiment de la peine. Il a donc uni à des chants les vérités divines, afin de nous inspirer, par le rythme et le charme des mélodies, un goût plus vif pour ces hymnes sacrés. Rien, en effet, n'élève plus notre âme, ne lui donne pour ainsi des ailes, ne la soulève au-dessus de la terre, ne l'affranchit des liens du corps, ne lui donne un amour plus ardent pour la vraie sagesse, et ne lui inspire plus de mépris pour toutes les choses de la terre, qu'une douce harmonie et le chant mesuré et cadencé des saints cantiques. Ces chants ont tant de charme pour notre nature, qu'ils sèchent les larmes, apaisent le chagrin des enfants encore à la mamelle et les endorment sur le sein de leurs mères. Vous voyez, en effet, les nourrices qui les portent sur leurs bras aller et revenir fréquemment en les berçant par des chants enfantins, pour assoupir et fermer leurs paupières. Les voyageurs eux-mêmes, qui conduisent des animaux sous les ardeurs d'un soleil brûlant, chantent aussi pour leur adoucir les fatigues du voyage. Et non seulement les voyageurs, mais les vignerons lorsqu'ils foulent le raisin, qu'ils vendangent ou cultivent la vigne, ou se livrent à n'importe quel autre travail; les matelots chantent également en faisant aller leurs rames. Les femmes elles-mêmes, lorsqu'elles tissent et séparent à l'aide de la navette les fils entremêlés de la chaîne, chantent souvent ou seules ou bien toutes réunies en choeur. Or, le but que se proposent en chantant les femmes, les voyageurs, les vignerons et les matelots, c'est d'alléger le travail et la peine, car l'âme, grâce à ces chants, supporte sans se plaindre les plus dures fatigues.
Or, comme nous sommes naturellement sensibles aux douceurs de la mélodie, Dieu, pour nous prémunir contre les chants voluptueux et lascifs par lesquels le démon nous corrompt et nous perd, nous a donné les psaumes qui nous charment en même temps qu'ils nous instruisent. Les chants des enfants du siècle entraînent après eux les plus grands dangers, la ruine de toute vertu et la mort, car les paroles licencieuses et dissolues qu'ils contiennent, s'insinuent dans les replis les plus secrets de l'âme, l'affaiblissent et l'énervent. Les psaumes spirituels, au contraire, sont la source féconde des plus précieux avantages. Ils élèvent l'âme à une éminente sainteté et lui donnent tous les principes de la vraie sagesse. En même temps que les paroles purifient l'âme, l'Esprit saint descend dans le cœur qui fait retentir ces mélodies sacrées. Voulez-vous une preuve que le chant intelligent des psaumes attire la Grâce de l'Esprit saint? Écoutez ce que dit saint Paul: «Ne vous laissez point enivrer par le vin d'où naît la dissolution, mais remplissez-vous du saint Esprit.» Et comment accomplir cette recommandation? En chantant du fond de vos cœurs à la Gloire du Seigneur. (Éphésiens 5:18-19). Qu'est-ce à dire, du fond de vos cœurs? Avec intelligence. Ne soyez pas comme ceux qui ne prononcent les paroles que de bouche, tandis que leur âme vagabonde se répand sur tous les objets extérieurs; mais que votre âme écoute les paroles de votre langue.
Là où se trouve un bourbier, on y voit accourir les animaux immondes, tandis que les abeilles sont attirées dans les endroits d'où s'exhalent les parfums et les émanations odorantes. Ainsi les chants dissolus attirent les démons, tandis que les cantiques spirituels appellent en nous la Grâce de l'Esprit saint, qui sanctifie à la fois notre bouche et notre cœur. En vous parlant ainsi, mon intention n'est pas que vous vous contentiez de chanter vous seuls les psaumes, mais que vous formiez vos enfants, vos épouses, au chant de ces cantiques sacrés, non seulement dans le temps que consacrez au tissage ou à d'autres occupations, mais surtout pendant les repas. C'est le moment que le démon choisit de préférence pour tendre ses pièges, car il a pour auxiliaires dans les festins l'ivresse, les excès de la table, les rires dissolus, le relâchement et la mollesse de l'âme. Il faut donc, avant comme après le repas, vous couvrir de la protection des psaumes, et en vous levant de table avec votre femme et vos enfants, chanter ensemble à Dieu ces hymnes sacrés. Voyez, en effet, l'apôtre saint Paul, menacé d'une sanglante flagellation, (cf. Actes 16:25), attaché à un pieu dans un cachot qui lui servait de demeure. Il ne laisse pas, au milieu même de la nuit, alors que le sommeil est si plein de douceur, de louer Dieu avec Silas, sans que ni le lieu, ni le temps, ni les inquiétudes, ni la tyrannie du sommeil, ni les fatigues, ni les douleurs, ni quel qu'autre motif ait pu le forcer d'interrompre leurs saintes mélodies. Nous donc, dont la vie s'écoule dans le calme, dans la joie, dans l'abondance de tous les biens, combien plus devons-nous offrir à Dieu nos chants d'actions de grâces, afin que si l'ivresse ou la sensualité ont laissé quelque trace honteuse dans notre âme, la divine psalmodie puisse effacer ces impressions mauvaises et toutes les pensées criminelles! À l'exemple des personnes riches qui font essuyer leurs tables avec une éponge pleine de baume, pour la nettoyer et la rendre pure de toutes les taches que les aliments auraient pu y laisser, nous-mêmes au lieu de baume, remplissons notre bouche de cette mélodie spirituelle, pour qu'elle efface dans notre âme les taches que la sensualité aurait pu y produire, et disons tous ensemble d'une commune voix: Tu m'as rempli de joie dans la contemplation de tes créatures, et nous serons remplis d'allégresse en louant les œuvres de tes Mains. (Psaumes 92:4).
Dans son commentaire du psaume 42, Jean Chrysostome enseigne qu'en joignant la prière à la psalmodie, vous chassez toute influence démoniaque et vous invitez le Seigneur Jésus-Christ. Vous faites de votre demeure une église.
À la psalmodie joignons la prière, afin que notre habitation soit sanctifiée comme notre âme par les bénédictions du Ciel. Ceux qui invitent à leurs festins les comédiens, les danseurs, les femmes de mauvaise vie, y appellent en même temps le démon et toutes ses cohortes, et font de leurs maisons le théâtre de guerres et de dissensions innombrables (car c'est de là que naissent les jalousies, les fornications, les adultères, et une foule d'autres crimes). Ainsi, par une raison contraire, celui qui invite le Roi-prophète avec sa harpe sacrée appelle en même temps Jésus Christ dans l'intérieur de sa demeure. Or, là où se trouve Jésus Christ, le démon n'ose entrer; que dis-je? Il n'ose même jeter un regard furtif; et de cette source coulent en abondance la paix, la charité, tous les biens. Ils font de leur maison un théâtre, faites de la vôtre une église. Car on peut appeler sans se tromper une église, la maison qui est sanctifiée par le chant des psaumes, par la prière, par le chœur des prophètes, par la ferveur et l'amour.