Le terme catholique vient du grec kata holikos, ce qui signifie littéralement "selon le tout", d'où "universelle" puisque l'église s'était rapidement répandue partout dans le monde connu d'alors. Ce terme est employé la première par Ignace d'Antioche, un disciple de l'apôtre Jean, dans sa lettre aux chrétiens de Smyrne, vers 110 ap JC. Déjà, à la Pentecôte, il y avait des croyants Juifs disséminés à plusieurs endroits.
Actes 2:8 Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ? 9 Parthes, Mèdes, Elamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie, 10 la Phrygie, la Pamphylie, l’Egypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de ROME, Juifs et prosélytes, 11 Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ?
Luc précise ensuite que des Juifs et prosélytes (païens convertis au judaïsme) étaient venus, de Rome. Enfin, Luc mentionne les Crétois et Arabes qui n'étaient ni Juifs ni prosélytes, mais puisque ces Crétois avaient pris la peine de se déplacer pour la fête, ils devaient faire partie des craignants-Dieu comme Corneille (Actes 10:1-2) ou comme ces grecs qui voulaient voir Jésus (Jean 12:20-21). Dans le cas des Arabes, ces descendants d'Abraham par Ismaël, cela devaient être des gens qui croyaient en Dieu comme Job et ses amis, par exemple.
On peut donc affirmer que l'Église Romaine remonte au tout premier jour de l'Église à la Pentecôte et qu'elle fut fondée par Pierre puisque c'est suite à sa prédication dans Actes 2 que des milliers de juifs et de prosélytes habitant Jérusalem et venus aussi d'ailleurs - dont une bonne délégation venue de Rome - se sont convertis et se sont faits baptiser au nom du Seigneur Jésus. Nous lisons dans les Actes que ces pèlerins ont choisi de demeurer à Jérusalem pour adorer Dieu au temple et prendre le repas du Seigneur ensemble. Il a fallu une grande persécution pour que tous les disciples se dispersent et aillent annoncer la Bonne Nouvelle partout aux Juifs (Actes 8:1). Plusieurs sont alors retournés à Rome. Ainsi l'Église de Rome fut composée seulement de Juifs et de prosélytes pendant au moins une dizaine d'années. Par la suite, des chrétiens ont commencé à annoncer la Bonne Nouvelle aux païens à Antioche (Actes 11:19-21) et certainement partout ailleurs aussi, dont Rome, avec l'approbation des apôtres après la conversion du centenier romain Corneille et de son entourage (Actes 11:1-18).
Les Juifs furent chassés de Rome sous l’empereur Claude, vers 49 ap. J.-C.. Cet événement est mentionné dans Actes 18:2. L’historien Suétone écrit que Claude expulsa les Juifs « qui se soulevaient sans cesse à l’instigation de Chrestus », ce que beaucoup interprètent comme une référence indirecte à des troubles liés à la prédication du Christ parmi les Juifs de Rome. L'Église de Rome a pu continuer grâce à l'apport des prosélytes et païens convertis. Après la mort de l'empereur Claude en 54 ap. J.C., les Juifs ont pu retourner à Rome. Paul a tardé avant d'aller à Rome parce qu'il ne voulait pas oeuvrer où d'autres avaient évangélisé avant lui et avaient fait un très bon travail puisque la foi des chrétiens de Rome était renommée partout dans l'empire romain.
Romains 15:20 Et je me suis fait honneur d’annoncer l’Evangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui,
21 selon qu’il est écrit: Ceux à qui il n’avait point été annoncé verront, et ceux qui n’en avaient point entendu parler comprendront.
22 C’est ce qui m’a souvent empêché d’aller vers vous.
23 Mais maintenant, n’ayant plus rien qui me retienne dans ces contrées, et ayant depuis plusieurs années le désir d’aller vers vous,
24 j’espère vous voir en passant, quand je me rendrai en Espagne, et y être accompagné par vous, après que j’aurai satisfait en partie mon désir de me trouver chez vous.
Romains 1:8 Je rends d’abord grâces à mon Dieu par Jésus-Christ, au sujet de vous tous, parce que votre foi est renommée dans le monde entier.
Alors quand Paul écrit sa lettre à l'Église de Rome vers 57 ap. J.C., il y salue des chrétiens Juifs reconnaissables par leur nom, Priscille et Aquilas en premier lieu (Romains 16:3) qui avaient fait partie des Juifs chassés de Rome (Actes 18:2). Le fait que Paul les nomme en premier montre leur importance dans l'Église de Rome à cette époque. Paul avait demeuré et travaillé avec ce couple d'enseignants de la Parole (Actes 18:3) . Parmi eux, il y avait Junia et Andronicus qui jouissaient d'une grande estime parmi les apôtres dont la conversion datait d'avant celle de Paul (Romains 16:7). Peut-être étaient-ils à la Pentecôte et c'est là qu'ils avaient rencontré les apôtres. Paul salue également à Rome beaucoup d'autres personnes dignes de mention certainement capables aussi de préserver la saine doctrine. Vers 64-67 ap. J.C. Pierre ainsi que Paul ont été exécutés à Rome, comme le rapporte Clément dans sa lettre aux Corinthiens en 96 ap J.C. Ce Clément est mentionné par Paul comme étant un de ses compagnons d'oeuvre dans Philippiens 4:3. L'ascendant de l'Église de Rome sur les autres églises peut être retracé au premier siècle alors que Clément, l'évêque de l'église romaine, écrit une longue lettre à l'église corinthienne pour les exhorter à se comporter d'une manière digne de la foi professée.
Après les martyrs de Pierre et Paul, Linus qui était à Rome avec Paul (2Timothée 4:21) fut nommé évêque de Rome de 67 à 76 ap J.C. Après lui, ce fut le tour d'Anaclet de 76 à 88 ap. J.C. son nom n'a pas été cité dans la Bible. Le troisième évêque de Rome après les apôtres de 88 à 97 ap. J.C. fut Clément dont nous avons déjà parlé.
Après Clément, les évêques qui ont suivi à Rome ne sont pas mentionnés dans la Bible, étant trop jeunes à l'époque des apôtres pour avoir oeuvré avec eux. Évariste a suivi Clément de 97 à 105 ap. J.C. Le dernier que je mentionnerai ici est son successeur, Alexandre de 105 à 115 ap. J.C. parce qu'il était en office quand Ignace, l'évêque d'Antioche écrivit sa lettre aux Romains, en chemin pour subir le martyr à Rome vers 107 ap. J.C.. L'Église de Rome a d'ailleurs gardé dans ses registres tous les noms des évêques qui s'y sont succédés depuis les temps apostoliques. Voici comme Ignace salue l'Église à Rome, il l'a beaucoup en estime, inébranlable dans la grâce de Dieu, digne de Dieu, etc.
Ignace, dit aussi Théophore, à l'Église qui a reçu miséricorde par la magnificence du Père très haut et de Jésus-Christ son Fils unique, l'Église bien-aimée et illuminée par la volonté de celui qui a voulu tout ce qui existe, selon la foi et l'amour pour Jésus-Christ notre Dieu ; l'Église qui préside dans la région des Romains, digne de Dieu, digne d'honneur, digne d'être appelée bienheureuse, digne de louange, digne de succès, digne de pureté, qui préside à l'agape (un des noms donnés à la Cène, cf. Jude 1:12), qui porte la loi du Christ, qui porte le nom du Père ; je la salue au nom de Jésus-Christ, le fils du Père ; aux frères qui, de chair et d'esprit, sont unis à tous ses commandements, remplis inébranlablement de la grâce de Dieu, purifiés de toute coloration étrangère, je leur souhaite en Jésus-Christ notre Dieu toute joie irréprochable.
Paul avait ordonné à Timothée et Tite de nommer des évêques dans chaque Église fondée par Paul. Ces évêques étaient aussi appelés "anciens" parce que vieux en âge et dans la foi, capables d'éviter les pièges de l'orgueil, de dispenser avec droiture la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs (1Timothée 3:1-7).
2Timothée 1:13 Prends pour modèle les saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et l’amour qui sont en Jésus-Christ.
14 Grâce au Saint-Esprit qui habite en nous, garde le beau dépôt qui t’a été confié. (Segond21)
2Timothée 2:2 Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres.
Tite 1:9 attaché à la vraie parole telle qu’elle a été enseignée, afin d’être capable d’exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs.
Paul était confiant que ces évêques allaient garder le bon dépôt de la foi puisqu'il écrit à Timothée que l'Église est la colonne et l'appui de la vérité.
1Timothée 3:14 Je t’écris ces choses, avec l’espérance d’aller bientôt vers toi, 15 mais afin que tu saches, si je tarde, comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Eglise du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité.
Paul ne parlait pas d'un bâtiment de pierres mortes, mais de pierres vivantes dont les apôtres avaient servi de fondement sur lesquels leurs successeurs avaient continué à édifier l'Église.
Éphésiens 4:11 Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,
12 pour le perfectionnement des saints en vue de l’oeuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ,
13 jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ,
14 afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction,
15 mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ.
16 C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité.
Depuis Adam, dans toutes les cultures, la transmission de la connaissance s'est toujours faite par les pères à leurs enfants, il est donc naturel qu'il en ait été ainsi avec les pères spirituels et leurs fils spirituels.
Job 15:17 Je vais te parler, écoute-moi! Je raconterai ce que j’ai vu,
18 Ce que les sages ont fait connaître, ce qu’ils ont révélé, l’ayant appris de leurs pères.
Deutéronome 6:4 Écoute, Israël! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un.
5 Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force.
6 Et ces paroles que je te donne aujourd’hui seront dans ton coeur.
7 Tu les inculqueras à tes fils et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras.
8 Tu les lieras comme un signe sur ta main, et elles seront comme des fronteaux entre tes yeux.
9 Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes.
Au temps d'Irénée, vers 180 ap. J.C., il déclare que toutes les églises dans les différents pays qui ont été fondées par les apôtres et leurs disciples ont gardé la même foi.
l'Eglise, bien que dispersée dans le monde entier, les garde avec soin, comme n'habitant qu'une
seule maison, elle y croit d'une manière identique, comme n'ayant qu'une seule âme et qu'un même cœur,
et elle les prêche, les enseigne et les transmet d'une voix unanime, comme ne possédant qu'une seule
bouche.
Car, si les langues diffèrent à travers le monde, le contenu de la Tradition est un et identique. Et ni les
Eglises établies en Germanie n'ont d'autre foi ou d'autre Tradition, ni celles qui sont chez les Ibères, ni
celles qui sont chez les Celtes, ni celles de l'Orient, de l'Egypte, de la Libye, ni celles qui sont établies au
centre du monde; mais, de même que le soleil, cette créature de Dieu, est un et identique dans le monde
entier, de même cette lumière qu'est la prédication de la vérité brille partout et illumine tous les hommes
qui veulent « parvenir à la connaissance de la vérité ». Et ni le plus puissant en discours parmi les chefs
des Églises ne dira autre chose que cela — car personne n'est au-dessus du Maître —, ni celui qui est
faible en paroles n'amoindrira cette Tradition : car, la foi étant une et identique,
Irénée mentionne aussi le rôle de l'Église de Rome dans la préservation de la saine doctrine.
Ainsi donc, la Tradition des apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c'est en toute Église
qu'elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. Et nous pourrions énumérer les évêques
qui furent établis par les apôtres dans les Églises, et leurs successeurs jusqu'à nous. Or ils n'ont rien
enseigné ni connu qui ressemble aux imaginations délirantes de ces gens-là. Si pourtant les apôtres
avaient connu des mystères secrets qu'ils auraient enseignés aux « parfaits », à part et à l'insu des autres,
c'est bien avant tout à ceux à qui ils confiaient les Églises elles-mêmes qu'ils auraient transmis ces
mystères. Car ils voulaient que fussent absolument parfaits et en tout point irréprochables ceux qu'ils
laissaient pour successeurs et à qui ils transmettaient leur propre mission d'enseignement : si ces hommes
s'acquittaient correctement de leur charge, ce serait un grand profit, tandis que, s'ils venaient à faillir, ce
serait le pire malheur.
Mais comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d'énumérer les successions de toutes les
Églises, nous prendrons seulement l'une d'entre elles, l'Église très grande, très ancienne et connue de
tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome; en montrant que la
Tradition qu'elle tient des apôtres et la foi qu'elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu'à nous par
des successions d'évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par
infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements
illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder
toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de
partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres.
Durant les premiers siècles, Rome s'est démarquée parmi les autres grandes villes de l'époque comme Jérusalem, Antioche, Éphèse, Constantinople et Alexandrie où on retrouvait naturellement aussi les églises les plus fréquentées. Quand l'islam a conquis la majeure partie de la Turquie, il n'y est plus resté que Constantinople et Rome. L'église de Rome a aussi plusieurs des plus vieux manuscrits de la Bible et se considère comme la gardienne du dépôt de la foi et la colonne de la vérité à cause de sa succession apostolique remontant jusqu'à la Pentecôte. Les témoignages au cours des siècles montrent qu'à travers le cours de l'histoire, l'Église de Rome est restée la même. Elle a conservé la même foi à travers les âges, Jude 3 la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes.
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