Trois façons d'écraser le diable
Romains 16:20 Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous!
Cela semble un peu paradoxal que Paul utilise l'expression "Dieu de paix" pour accompagner un acte guerrier de la part de Dieu. Pourtant, c'est précisément la logique chrétienne de la paix. En hébreu biblique, "shalom" ne signifie pas seulement “absence de conflit” comme le mot grec "eirènè". "Shalom" désigne l’ordre juste, le salut, la santé, la prospérité, la sécurité, l’harmonie, la plénitude, la restauration de ce qui est brisé.
Donc le Dieu de paix n’est pas un dieu “gentil” ou “non violent” au sens moderne. C’est le Dieu qui rétablit l’ordre véritable.
Cet écrasement du diable se produit en trois étapes, passé, présent et futur.
Le passé : L'épître aux Hébreux nous enseigne que Jésus a d'abord écrasé le diable par sa mort sur la croix, selon la prophétie donnée par Dieu lui-même dans Genèse 3:15 Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.
La tête représente l'autorité, par exemple dans 1Corinthiens 11, on lit que Christ est la tête de l'homme et l'homme la tête de la femme. Donc écraser la tête signifie dépouiller l'autorité de quelqu'un et c'est ce que Jésus a accompli à la croix où Jésus avait dépouillé le diable de sa puissance envers nous qui croyons en notre résurrection, mais force est de constater qu'il continue à exercer sa puissance sur les hommes incrédules en leur faisant peur avec la mort.
Colossiens 2:13 Vous qui étiez morts en raison de vos fautes et de l’incirconcision de votre corps, il vous a rendus à la vie avec lui. Il nous a pardonné toutes nos fautes, 14 il a effacé l’acte rédigé contre nous qui nous condamnait par ses prescriptions, et il l’a annulé en le clouant à la croix. 15 Il a ainsi dépouillé les dominations et les autorités et les a données publiquement en spectacle en triomphant d’elles par la croix.
Hébreux 2:14 Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi, d’une manière semblable y a participé, afin d’écraser par sa mort celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, - Colombe
Le présent : Dieu écrase Satan sous nos pieds qui font partie du corps de Christ, l'Église quand celle-ci maintient l'unité par le lien de la perfection qui est l'amour. Dieu écrase Satan dans le cœur du croyant chaque fois qu’il vainc le péché.
Le serpent est dépouillé de sa puissance envers ceux qui croient. Le dieu de ce siècle est encore bien en vie et continue à séduire les nations en les empêchant de voir la Bonne Nouvelle et à leur faire peur avec la mort.
1Jean 5:19 Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier est sous la puissance du mal,
2Corinthiens 4:3 Si notre Evangile est encore voilé, il l’est pour ceux qui périssent, 4 pour les incrédules dont le dieu de ce monde a aveuglé l’intelligence afin qu’ils ne voient pas briller l’éclat que projette l’Evangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu.
Nous devons lui résister avec une foi ferme alors qu'il rôde cherchant des proies incrédules à s'emparer.
1Pierre 5:8 Soyez sobres, restez vigilants: votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer. 9 Résistez-lui avec une foi inébranlable, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères et soeurs dans le monde.
Jacques 4:7 Soumettez-vous donc à Dieu, mais résistez au diable et il fuira loin de vous.
L'avenir : Dieu écrasera une fois pour toutes le perturbateur de la paix qui sera définitivement privé de toute influence accusatrice et trompeuse.
Le « Dieu de paix » est celui qui restaure l'ordre original. Pour que la paix soit totale, la source du chaos et de la division (Satan, le « diviseur ») doit être définitivement neutralisée. La paix n'est pas ici une simple absence de combat, mais le résultat d'une victoire commencée à la croix, poursuivie dans l'Église et terminée à la résurrection. C'est donc un paradoxe volontaire : la paix de Dieu est si puissante qu'elle est capable de triompher de toute opposition. C'est une paix victorieuse, et non une paix passive.
- - Dieu est le Dieu de la paix,
- - mais une paix qui combat,
- - une paix qui libère,
- - une paix qui restaure,
- - une paix qui triomphe.
Le Dieu de paix écrase Satan parce que la paix ne peut exister tant que le mal règne.
Remarquons que Paul dit aux chrétiens de Rome que ce sont sous leurs pieds que Satan sera écrasé. Au fil des siècles des chrétiens du monde entier se sont associés à l'Église de Rome pour accomplir cette prophétie, c'est pourquoi on l'appelle maintenant l'Église Catholique Romaine, le terme "catholique" vient du grec et signifie "universelle".
Comprenons le contexte de l'époque pour mieux saisir la pensée de Paul. D'abord, la dimension stratégique : Rome, c'est le « Cœur de l'Empire », au Ier siècle, Rome n'est pas seulement une ville ; c'est le centre nerveux du monde connu. Pour les premiers chrétiens, Rome représentait le sommet du pouvoir terrestre, mais aussi, symboliquement, le siège de l'opposition spirituelle (la « nouvelle Babylone » dans certains textes comme 1Pierre 5:13 ou Apocalypse 14:8, 16:19, 17:5, 18:2,10,21).
Ensuite, considérons l'impact symbolique : Si le « Dieu de paix » écrase Satan précisément à Rome, cela signifie que la victoire du Christ atteint le centre même de la puissance mondiale. C'est un signal lancé aux autres Églises : En promettant cette victoire aux chrétiens de Rome, Paul envoie un message d'encouragement à toute la chrétienté : si la foi triomphe dans la capitale de l'Empire, elle peut triompher partout.
Il y aussi le contexte inhérent à l'Église de Rome à ce moment qui était en proie aux divisions inspirées du diable. Il est important de noter que juste avant Romains 16:20, Paul met en garde les chrétiens de Rome.
Romains 16:17 Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l’enseignement que vous avez reçu. Eloignez-vous d’eux.
18 Car de tels hommes ne servent point Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre; et, par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les coeurs des simples.
19 Pour vous, votre obéissance est connue de tous; je me réjouis donc à votre sujet, et je désire que vous soyez sages en ce qui concerne le bien et purs en ce qui concerne le mal.
L'Église de Rome dont la foi, à l'époque de Paul, est déjà renommée dans le monde entier (Romains 1:8) se voit conférer derechef un rôle de « modèle » : Paul souligne encore ici que la réputation de l'obéissance des Romains est « connue de tous ».
L'allusion au rôle de Rome : On peut donc y voir une forme de responsabilité particulière. Si cette Église, composée de Juifs et de non-Juifs dans la capitale, parvient à maintenir l'unité, elle devient l'instrument par lequel Dieu manifeste sa paix. L'acte d'« écraser Satan » serait ici la victoire sur les divisions internes qui menacent de détruire la communauté. La première épître dans nos Bibles et la plus importante sur le plan doctrinal nous signale déjà la place prépondérante que l'Église de Rome allait prendre dans l'histoire de l'Église. Il y a encore là un paradoxe comme Dieu seul peut générer, les Romains incrédules qui avaient martyrisé et crucifié le Christ ont formé par la suite l'Église dont la renommée de leur obéissance au Christ s'est répandue dans le monde entier, compris par ses lecteurs romains comme étant l'empire romain.
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