L’action de grâces a un impact physique sur la nourriture en la sanctifiant.
1Timothée 4:1 Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, 2 par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience, 3 prescrivant de ne pas se marier, et de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec actions de grâces par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité. 4 Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces, 5 parce que tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière.
Matthieu 15:35 Alors il fit asseoir la foule par terre,
36 prit les sept pains et les poissons, et, après avoir rendu grâces, il les rompit et les donna à ses disciples, qui les distribuèrent à la foule.
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient.
L'action surnaturelle de la multiplication a été enclenchée après l'action de grâces. Jésus nous a enseignés ailleurs à demander au Père chaque jour le pain surnaturel dans Luc 11:3 Donne-nous chaque jour notre pain quotidien (epiousios en grec : surnaturel) Nos requêtes accompagnés d'actions de grâces procurent une paix surnaturelle.
Philippiens 4:6 N’entretenez aucun souci; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu.
7 Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos coeurs et vos pensées, dans le Christ Jésus. - Jérusalem
L'action de grâces bonifie la nourriture qui rassasie le corps en y ajoutant une dimension spirituelle.
C'est pour cela donc que le Sauveur, après avoir pris le pain, a parlé d'abord et rendu grâces ; puis, après avoir rompu le pain, l'a placé devant nous pour en faire notre nourriture spirituelle, et que les saintes Écritures une fois connues, l'obéissance devint la règle de notre conduite. - Clément d'Alexandrie "Stromates", vers 180 ap. J.C.
Jésus est grand prêtre d’une nouvelle alliance supérieure à celle établie par Moïse qui avait ordonné aussi de rendre grâces pour la nourriture.
Deutéronome 8:10 Lorsque tu mangeras et te rassasieras, tu béniras l’Éternel, ton Dieu, pour le bon pays qu’il t’a donné.
La première action de grâces rapportée dans la Bible fut avec le pain et le vin, un archétype mystérieux pendant des siècles jusqu'à la dernière Cène. Cette action de grâces a eu lieu après qu’Abraham eut libéré les captifs et rétabli la paix. Melchisédech (=roi de justice), le roi de Salem (=paix) est alors venu à sa rencontre. Abraham a reconnu lui être redevable en lui offrant la dîme de tout.
Genèse 14:18 Melchisédech, roi de Salem, apporta du pain et du vin; il était prêtre du Dieu Très-Haut. 19 Il bénit Abram et dit: Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, qui a créé le ciel et la terre! 20 Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains! Et Abram lui donna la dîme de tout. - Crampon
Jésus combine à la fois le grand guerrier Abraham et le grand prêtre Melchisédech.
Jésus est grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech. il suit la liturgie millénaire de Melchisédech, ce roi de paix (=Salem). Comme lui, il fournit le pain et le vin avec une action de grâces. Le mystère révélé est que ce repas prophétique est son corps qui sera rompu sur la croix et son sang qui y sera versé pour libérer les captifs et rétablir la paix avec Dieu. Éphésiens 4:8 C’est pourquoi il est dit: Il est monté dans les hauteurs, Il a emmené des captifs, Et il a fait des dons aux hommes. Jésus a remporté la victoire sur les forces du mal et nous sommes associés à sa victoire par la foi que nous proclamons en prenant l’eucharistie.
Marc 14:22 Pendant qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Prenez, ceci est mon corps.
23 Il prit ensuite une coupe; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, et ils en burent tous.
Lors de la dernière Cène, Jésus amène la dimension spirituelle à un autre niveau encore par l'action de grâces, le pain devient son propre corps et le vin son propre sang, vecteurs de la vie éternelle, comme il l'avait expliqué après avoir fait la multiplication des pains.
Jean 6:26 Jésus leur répondit: En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.
27 Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera; car c’est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau. (...) 47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.
48 Je suis le pain de vie.
49 Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.
50 C’est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point.
51 Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde.
52 Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant: Comment peut-il nous donner sa chair à manger?
53 Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes.
54 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour.
55 Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage.
56 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui.
57 Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi.
58 C’est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n’en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts: celui qui mange ce pain vivra éternellement.
Luc nous rapporte dans Actes 27 un autre récit instructif démontrant que la nourriture est nécessaire pour notre salut, tant physique que spirituelle. Ce n’est pas un repas eucharistique puisqu'il n'est pas partagé entre chrétiens, cependant remarquons comment Luc en reprend délibérément plusieurs codes.
Actes 27:34 Je vous invite donc à prendre de la nourriture, car cela est nécessaire pour votre salut, et il ne se perdra pas un cheveu de la tête d’aucun de vous.
35 Ayant ainsi parlé, il prit du pain, et, après avoir rendu grâces à Dieu devant tous, il le rompit, et se mit à manger.
36 Et tous, reprenant courage, mangèrent aussi.
Voici une exposition claire, structurée et nuancée. Ce texte décrit un repas de survie sur un navire en pleine tempête. Luc ne dit jamais que c’est l’eucharistie. Et pourtant, la scène reprend exactement les quatre verbes liturgiques des récits de la Cène.
- 1. Il prit du pain
- 2. Il rendit grâces (verbe “eucharisteô” en grec)
- 3. Il le rompit
- 4. Il se mit à manger
Ce sont les mêmes verbes que dans :
- - Luc 22:19 (la Cène)
- - Luc 24:30 (Emmaüs)
- - Actes 2:42 (la fraction du pain)
Luc sait très bien ce qu’il fait. Il présente Paul mangeant et partageant du pain avec des païens, dans un contexte de survie, sans mention de “corps” ni de “sang” mais en lui donnant volontairement une coloration eucharistique. Pourquoi ? Pour montrer Paul comme imitateur de Christ en paroles et en actes 1Corinthiens 11:1 Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ.
Dans cet épisode dramatique, Paul imite le Christ en rompant le pain, en rendant grâces, en rassurant et en sauvant du naufrage ceux qui l’entourent. Il montre ainsi que c'est Dieu qui sauve par son entremise. Il le souligne par ces paroles Actes 27:34 Cela est nécessaire pour votre salut.
La prise du pain dans le repas devient un signe de salut, même s’il n’est pas sacramentel. C'est un exemple démontrant que la Providence passe par un repas partagé. Dans la Bible, les repas sont souvent des lieux de révélation et de consolation.
Matthieu 26:20 Le soir étant venu, il se mit à table avec les douze.
21 Pendant qu’ils mangeaient, il dit: Je vous le dis en vérité, l’un de vous me livrera.
Luc 24:30 Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction; puis il le rompit et le leur donna.
31 Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux.
32 Et ils se dirent l’un à l’autre: Notre coeur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures?
Apocalypse 3:20 Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi.
Encore une fois, Luc ne décrit pas dans ce passage une eucharistie liturgique, mais c’est une scène avec un vocabulaire eucharistique pour montrer que Paul agit comme le Christ, que Dieu sauve par un repas partagé et que la “fraction du pain” est un geste de foi, même hors du culte.
Bref, Luc ne décrit pas un mystère (mot traduit par sacrementum en latin puis sacrement en français), mais il utilise le langage du mystère pour dire le salut. Quelle puissante métaphore qui demande à être recherchée pour être comprise et méditée ! Pensons-y la prochaine fois que nous rompons une miche de pain lors d'un repas. Rompons notre pain en mémoire de ce que Jésus a mystérieusement fait pour nous lors de la dernière Cène, préfigurant la croix qui manifeste la puissance de Dieu pour le salut de quiconque y croit (1Corinthiens 1:18).
Compteur installé le 6 janvier 2026